Abraham de Fabert

Monsieur de Fabert a des talents admirables. Il promet plus qu’on espère et fait plus qu’il ne promet. C’est en ces termes élogieux que Louis XIII appréciait son Commandant de la garnison de Metz.

Cet homme exceptionnel naquit à Metz le 11 octobre 1599 d’un père imprimeur maître-échevin qui le destinait au barreau ou à l’état ecclésiastique. Mais le jeune Abraham Fabert suivit sa vocation et s’engagea à quatorze ans aux Gardes Françaises qui tenaient garnison à Metz. Rapidement il enseigne au régiment de Piémont, il se distingua sur tous les champs de bataille contre les Impériaux, les Espagnols, le Duc de Savoie au siège de la Rochelle.

En 1635 il commanda la garnison de Metz et devint gouverneur en 1638. Nommé Maréchal de camp par Louis XII au siège de Donchery, il devint en 1642 gouverneur de Sedan. En janvier 1651 il est élevé au grade de lieutenant-général et est nommé marquis. En 1660 il accède au titre de Maréchal de France avant de mourir, le 7 mai 1662, couvert d’honneurs et entouré d’une immense estime.

Un grand chef militaire, le Maréchal de Fabert l’était incontestablement, ménageant le sang de ses soldats alors que lui-même faisait preuve d’une intrépidité extraordinaire, toujours à la pointe du combat, ce qui lui valut d’être blessé maintes fois.

Mais Fabert excella dans ses différentes charges grâce à sa grande culture générale car il aimait infiniment la lecture. Il voulait savoir comment les choses se faisaient et pourquoi. C’est ainsi qu’il devint féru de mathématiques et d’histoire, curieux aussi de philosophie, de religion, voire d’alchimie et d’astrologie grâce à un esprit vif, perçant et pénétrant, un jugement solide et une mémoire excellente. Il parlait en outre quatre langues.

Pareillement instruit, Fabert causait volontiers et parlait bien mais savait faire preuve d’humour : J’aime mieux dire des sottises que d’en entendre, n’étant pas assez patient pour entendre celles des autres. Malgré des responsabilités importantes, Fabert déclarait en toute modestie : Les charges sont des servitudes qui obligent ceux qui les possèdent à faire ce pourquoi elles sont établies.

Alors qu’il était déjà maréchal, Louis XIV décida de lui décerner le Cordon Bleu, ce qui impliquait des preuves de noblesse dont Fabert de disposait pas, mais le roi lui fit savoir qu’il ne ferait point examiner les preuves produites. Fabert refusa cet accommodement par probité : Jamais je ne souffrirai que mon manteau soit honoré d’une croix et que mon âme en même temps soit déshonorée par une imposture. J’ai été élevé aux charges militaires jusqu’à celle de Maréchal de France, sans avoir importuné le roi. Je ne commencerai pas à mon âge à flétrir tout l’honneur que j’en ai reçu. C’est cette même honnêteté qui à plusieurs reprises le conduisit à décliner des offres de rejoindre la cour soit comme conseiller du roi soit comme surintendant des finances.

Recherche de l’excellence, grande culture générale, vivacité d’esprit, exigence mais aussi humour et modestie, voilà assurément des qualités qui méritent d’être cultivées dans un lycée qui porte le nom de Fabert.