Le lycée de Metz (1804-1962)

Cette histoire de Fabert a été relatée en 1998. Les faits plus récents, dont l’aménagement de la nouvelle cantine, n’y sont pas rapportés.

La création du lycée en 1803

L’enseignement secondaire qui a été délaissé pendant toute la période révolutionnaire a assez vivement intéressé Bonaparte pour que celui-ci décide de créer les premiers lycées. La ville de Metz fut choisie pour recevoir l’un des futurs lycées grâce à l’énergie du préfet Colchen nommé à Metz en 1797 : dès son installation à la préfecture, il fit le point de la situation scolaire de sa zone de manière très énergique. Il constate que sur les 351 000 habitants de sa circonscription, seulement 68 000 savaient lire et écrire. Nonobstant les excellents résultats des écoles centrales et des deux écoles secondaires de Metz qui ont eu des admis à Polytechnique cette année là, le nouveau préfet pense qu’il était inutile de s’étendre sur les progrès que la jeunesse avait pu faire dans les sciences, sous le régime des écoles centrales, puisqu’un nouveau mode d’enseignement leur succédait aujourd’hui.

Le 4 nivôse de l’an X (25 décembre 1801), le maire de Metz, Goussaud, fut informé que Bonaparte avait compris Metz dans les villes destinées à recevoir les premiers lycées, et qu’il devait se mettre à la recherche de bâtiments susceptibles de loger les quatre à cinq cents élèves prévus pour l’établissement. Il profita du fait que les bâtiments de l’abbaye Saint Vincent étaient encore détenus par l’armée, pour demander au ministre de la guerre de bien vouloir les lui céder. D’autre part, l’administration chargée des hospices consentit à se dessaisir de l’hôpital Saint Georges, et à s’installer à Bonsecours, en 1805. L’hôpital qui jadis était séparé du reste de l’abbaye par la rue Saint Georges, y fut rattaché par la suppression de celle-ci (dont on peut encore deviner le début aujourd’hui dans le prolongement de la rue Holandre Picquemal. Ce qu’il reste de la vieille rue Saint Georges sert de hall de livraison pour la cantine et de parking à quelques employés de l’intendance, ainsi qu’au proviseur adjoint.

Pour la remise en état de l’ancienne abbaye Saint Vincent, la ville ouvrit une souscription publique et prévit l’augmentation des droits d’octroi. L’aménagement et l’ameublement des bâtiments furent assez rapides. Le 16 floréal de l’an XII (6 mai 1803), parut l’arrêté portant création du lycée de Metz.

Le lycée de 1803 à 1870

En fait, le lycée n’ouvrit ses portes que le 14 Vendémiaire de l’an XIII (6 octobre 1804), car les travaux de réhabilitation furent très importants et coûtèrent à la ville la somme de 300000 francs, colossale pour l’époque. La discipline prévue était vraiment très sévère et très proche de celle d’un régiment. Les élèves étaient divisés par escouades et compagnies et les professeurs étaient astreints au célibat, et matériellement obligés d’être logés dans l’établissement dans des chambres minuscules comprenant un bureau, une chaise, et un lit. Tous les mouvements de la journée s’opéraient militairement, au son du tambour : exercices dans les cours, défilés au pas cadencé, alignements en ordre de bataille, rangs … En 1806, la natation fut rendue obligatoire.

Avant la création des lycées, l’enseignement était dispensé soit par des écoles centrales, soit par des collèges royaux, ou encore par des monastères : à quelques pas de l’abbaye Saint Vincent, le maréchal Foch a fait toutes ses études secondaires à l’abbaye Saint Clément. Mais le but des lycées était tout autre : il fallait préparer la jeunesse messine à servir le nouveau gouvernement, et c’est pourquoi l’enseignement dispensé était à mi-chemin entre celui du collège royal et de l’école centrale, plus littéraire que le premier, plus scientifique que le second. Au départ, il n’était donc pas question pour le lycée de former des officiers, mais des fonctionnaires ou des hauts fonctionnaires, tout dévoués au nouveau gouvernement qui leur avait permis d’étudier grâce au système des bourses.

Les frais de scolarité étaient d’ailleurs très élevés : 650 francs pour les internes, sans compter environ 50 francs de fournitures. Pour les externes, ils étaient un peu plus modestes : 100 francs par an. Le lycée était un établissement si onéreux que son accès était totalement impossibles aux enfants issus des classes sociales modestes. Le public scolaire se composait essentiellement des élèves du gouvernement, fils de fonctionnaires qui recevaient des bourses d’étude, et des enfants des familles bourgeoises. Les membres de l’Administration étaient vêtus d’un complet noir, d’un manteau noir avec collet et bordure en soie noire ou verte, cravate en batiste blanche et tricorne. Les professeurs portaient les mêmes effets, mais sans broderie. Le personnel était issu en majorité de l’école centrale, fermée à la suite de la création du lycée, comme le proviseur Duquesnoy, ancien professeur de législation à l’école centrale de la Moselle. On sait qu’ils étaient très peu payés, conformément à la tradition universitaire.

La fondation du Lycée de Metz date du Consulat, mais il ouvrit ses portes sous l’Empire. Le gouvernement impérial fixa les congés scolaires comme suit : jeudi et dimanche, le 1er et le 2 janvier, le 28 janvier (Saint Charlemagne), lundi et mardi gras, les trois derniers jours de la Semaine Sainte, dimanche et lundi de Pâques, et enfin les grandes vacances, du 15 août au 1er octobre. Les élèves se promenaient en vestes et culottes bleues, avec collet et parement plus clairs, et boutons assortis, gravés aux mots de Lycée de Metz. Comme leurs professeurs, ils devaient porter quotidiennement l’uniforme.

Dès la première rentrée, ils furent 200 dont 140 internes et 60 externes. Parmi les 140 internes, 100 étaient élèves du gouvernement, c’est-à-dire boursiers. Ils étaient répartis entre la section Belles Lettres et la section Mathématiques. La section Belles Lettres comprenait six classes, avec latin dans chacune de la 6ème à la 1ère. Le même professeur y enseignait français, latin, grec, calcul, et histoire géographie. En ce qui concerne les langues vivantes, rien n’était organisé par l’Administration, mais dans les registres de l’époque, on peut noter que deux professeurs de langue existaient au Lycée : l’un enseignait l’Allemand, et l’autre enseignait l’Anglais et l’Italien. La section Mathématiques comptait, elle aussi, six classes. Le professeur de mathématiques enseignait sa spécialité, mais également la biologie, la physique, la chimie et l’astronomie.

Pédagogiquement, le lycée était assez richement doté en matériel : une bibliothèque accessible à tous comprenait plusieurs milliers de livres, et un laboratoire de physique et de chimie facilitaient la tâche des élèves et des professeurs du point de vue expérimental. En outre, il y avait au lycée, un maître de dessin, un maître d’écriture, un maître de danse, un maître de musique, et enfin, un officier, détaché de l’armée, chargé d’enseigner le maniement des armes et l’école du peloton. En effet, il faut se rappeler que l’organisation du lycée était quasi militaire : les élèves étaient répartis en compagnies de 25, chacune dirigée par un sergent et quatre caporaux, ces grades étant réservés aux élèves les plus assidus et les plus disciplinés. D’ailleurs, en ce qui concerne la discipline, elle était organisée de manière très différente de celle qui sévit actuellement. Les sanctions étaient les suivantes : la prison, la table de pénitence et les arrêts, qui consistaient à passer sa récréation à l’intérieur d’un cercle tracé à l’une des extrémités de la cour.

De nos jours, les élèves se plaignent du poids de leurs cartables. À l’époque, ce problème n’existait pas : chaque élève avait un livre unique où étaient regroupés tous les enseignements qu’il suivait.

Le lycée était organisé de telle sorte que l’on y entrait entre 9 ans et 14 ans comme boursier, après avoir passé un examen de français et de calcul, et qu’ensuite, si l’on était travailleur et bon élève, on pouvait passer deux classes par an, c’est-à-dire qu’en trois ans, et après avoir subi six examens, on pouvait en avoir terminé avec les études secondaires. Très vite, et malgré sa réputation de caserne, le lycée subit un engouement très important : de 260 élèves en 1806, il passe à 430 en 1808, et se stabilise à environ 445 à partir de 1813. Déjà à l’époque, le Lycée de Metz s’impose comme le modèle du lycée scientifique, comme en témoignent ses succès aux grandes écoles parisiennes. En juin 1805, il fit admettre 6 élèves à Polytechnique sur les 9 qu’il avait présentés. Plusieurs facteurs ont contribué à la réussite du nouveau Lycée.

  • Metz était un important centre administratif, siège d’un rectorat, d’une faculté de sciences et d’une cour d’appel.
  • L’enseignement français était réputé à l’étranger, et de riches familles allemandes tenaient à faire venir leurs enfants à Metz.
  • Le lycée était le successeur légitime des collèges du XVIIIe siècle, si prospères à Metz.
  • Enfin, il y avait, à Metz, une véritable ambiance intellectuelle, surtout entretenue par l’Académie des sciences et l’école militaire d’artillerie et du génie, implantées dans la ville.

Cependant, après l’échec de la campagne de Russie et de celle d’Allemagne menées par Napoléon, Metz dut accueillir plus de 22000 blessés. La plupart des bâtiments publics furent transformés en hôpitaux de fortune, et le Lycée n’échappa pas à la règle. Durant la Restauration, peu favorable à l’enseignement, et malgré l’hostilité des Messins envers le régime, l’effectif se maintient aux alentours de 400 élèves. Le lycée impérial devient collège royal, les costumes des élèves changent, la cloche remplace le tambour pour rythmer les mouvements des élèves, mais au fond, il y a peu de changement. L’espoir resurgit avec le retour de Napoléon (1815), comme le prouve l’ardeur des lycéens à servir le canon et à former des escouades.

Si l’effectif a été stationnaire sous la Restauration, il monte en flèche sous la monarchie de Juillet et atteignit 700 élèves en 1848. Ce phénomène s’explique par le retour de la paix et d’une plus grande prospérité en France. À partir de ce moment, les bâtiments du Lycée s’avérèrent insuffisants, et pour répondre à une demande croissante, la ville de Metz fit construire le Petit Lycée en 1845, qui ferme la grande cour sur la droite.

Cette montée spectaculaire des effectifs n’altérera pas pour autant la qualité de l’enseignement dispensé, puisqu’en 1853, dans un rapport adressé à l’Académie de Metz, le général Didon assurera que : Metz, dans l’étude des sciences exactes, l’emporte sur toutes les autres villes de France. Ce général, en effet, était très compétent, puisqu’il fut deux ans examinateur de sortie à l’Ecole de Saint Cyr, et sept ans président du jury d’admission à l’X. Cependant, bien que les jeunes Messins fussent de brillants élèves, ils avaient une réputation bien établie de chahuteurs, comme le prouve la correspondance entre le proviseur et le maire de l’époque. Par exemple, la remise des prix de 1840 menaçait d’être orageuse, les externes ayant l’idée de siffler le censeur. Pour étouffer cette manifestation, le maire dut envoyer tous ses agents à la remise des prix.

Comme presque tous les Français, les élèves du lycée accueillirent avec joie la IIe République, bien que celle-ci sonnât le glas de l’expansion du lycée, et ceci pour plusieurs raisons :

  • Les révolutions, en général, ne sont pas très favorables à l’enseignement.
  • Le rectorat fut supprimé en 1854, et la faculté fut déplacée à Nancy.

Pourtant, cette situation est passagère, et les effectifs remontent, alors que la qualité de l’enseignement est égale à elle-même, ce qui fait dire au ministre, dans une lettre du 19 mai 1862 adressée au maire, que le lycée de Metz est appelé à devenir l’un des plus importants de France, prédiction qui se réalisera avec l’ouverture des classes préparatoires aux Grandes Écoles en décembre 1865. Pour l’occasion, la municipalité fit un gros effort, en achetant les bâtiments compris entre le chevet de Saint-Vincent et la rue Goussaud, et l’hospice Saint Georges. Il y avait encore d’autres projets, engloutis par la guerre de 1870, dont Metz fut l’une des plus grandes victimes.

        Extrait de La Moselle administrative, 1860 :

Le lycée reçoit des pensionnaires, des demi-pensionnaires, des externes surveillés et des externes libres. Les élèves y font l’objet d’une sollicitude perpétuelle de la part des fonctionnaires auxquels l’État a confié la double mission de les instruire et de diriger leur éducation. L’enfant peut être reçu au lycée même avant qu’il lise et écrive correctement. Dans une école primaire qui vient d’y être annexée, il apprend tout ce qu’il doit savoir pour suivre avec fruit la classe de 8ème, et il arrive successivement jusque dans les classes les plus élevées. L’enseignement y est dirigé de telle sorte que l’élève ayant terminé ses classes régulièrement, a étudié, sous des professeurs d’un zèle et d’un talent éprouvés, le programme d’examen qui lui ouvre la carrière à laquelle il se destine. Ainsi, les programmes du Baccalauréat ès lettres et du Baccalauréat ès sciences, les programmes d’admission aux écoles centrale, navale, forestière, polytechnique, militaire, normale y sont développés non seulement dans les classes, mais aussi dans des répétitions, conférences, examens faits par les professeurs mêmes de l’établissement. Ces derniers exercices ont pour but, soit de préparer les élèves aux épreuves difficiles des concours, soit de fortifier les plus faibles et de les rendre capables de mieux profiter de la leçon faite en classe. Les avantages de cette méthode sont montrés par l’expérience. Car on sait que les succès obtenus par les élèves du Lycée de Metz dans les concours pour l’admission aux écoles spéciales du gouvernement ont placé cet établissement au premier rang des lycées de l’Empire.

Le Lycée de Metz, situé dans l’un des quartiers les plus salubres de la ville occupe un vaste emplacement divisé en trois parties bien distinctes : le grand, le moyen, et le petit lycée. Ces trois divisions forment pour ainsi dire, trois établissements séparés, ayant chacun leurs dortoir, leur réfectoire, leurs salles d’études, leur cour de récréation. Les élèves y sont classés d’après leur âge et n’ont aucun rapport avec ceux qui n’appartiennent pas à leur section. Des religieuses de l’Espérance se rendent tous les matins dans un des dortoirs du petit lycée et donnent aux plus petits enfants tous les soins que réclame leur jeune âge. Enfin, une infirmerie, isolée du reste des bâtiments, est visitée tous les jours, le matin et le soir, par le médecin et le chirurgien de l’établissement, et le soin des malades est spécialement confié aux sœurs de l’Espérance. L’Administration du Lycée ne s’occupe pas seulement du bien-être matériel des élèves. Leur éducation est avant tout l’objet de toute sollicitude, et elle est convaincue que la religion est le moyen le plus efficace pour former le cœur des enfants, sauvegarder les mœurs, faire des hommes dévoués à la patrie, utiles à leurs semblables. Ainsi, l’enseignement religieux est-il donné avec tous les soins et toute l’étendue que réclame son importance, et conformément aux prescriptions des règlements universitaires. Il est obligatoire pour tous les élèves internes, à quelque classe qu’ils appartiennent; les externes y sont admis sur demande de leurs parents. Tout ce qui a rapport avec cet enseignement et au service religieux est soumis à l’approbation de Mgr l’évêque de Metz, qui peut inspecter officiellement, soit par lui-même, soit par ses délégués, l’enseignement religieux du lycée. Les élèves qui ne font pas profession du culte catholique, sont conduits dans leur temple, par des maîtres de l’établissement à des jours et des heures convenables.

C’est également dans les années 1860 que le Second Empire fit construire la salle des fêtes à la place de l’ancienne aile Ouest du cloître, fort abîmée, où se trouvait jadis la bibliothèque des moines bénédictins.

Le lycée allemand (1870-1918)

Comme après chaque conflit majeur, tous les bâtiments publics sont utilisés comme hôpitaux de fortune. C’est le cas du Lycée en 1870. Pourtant, il rouvre ses portes le 17 octobre 1870, pour les externes, à raison de 3 heures par jour. Mais cette embellie sera de courte durée, puisqu’il est fermé définitivement en tant que lycée français le 31 juillet 1871 par le censeur, resté jusqu’au bout à son poste. En octobre 1871, les cours reprennent, mais le lycée s’appelle désormais Kaiserliches Lyceum. Le nouveau proviseur est un certain Docteur Batty. En 1872, le lycée comptait 200 élèves, dont 26 autochtones seulement, mais, peu à peu, cette situation se modifie, les Lorrains comprenant qu’il ne faut pas laisser le champ libre à leurs ennemis dans leurs région. Voici le seul témoignage que l’on ait au sujet de cette époque. C’est celui d’un élève ayant étudié au lycée jusqu’à la déclaration de guerre en 1914 :

Extrait d’un discours prononcé le 19 novembre 1976 devant le Lyon’s Club de Frankenberg (R.F.A.) par un ancien élève du Lycée de Metz de 1912 à 1914.

Nous devons l’original de ce document à l’obligeance de Monsieur Notter, professeur agrégé d’allemand au Lycée Schuman à Metz, et sa traduction à celle de Monsieur Scheffler père. Que tous deux trouvent, ici, nos sincères remerciements pour leur collaboration.

Un Lycée Allemand en 1914. Ce lycée est celui de Metz, que j’ai fréquenté durant deux ans et demi, jusqu’à la déclaration de guerre en 1914. J’avais alors 10 ans. J’avais déjà effectué les petites classes : octava, septima et sexta. Les souvenirs de cette époque me sont restés très vivaces. Et lorsqu’en 1960, en compagnie de mon épouse, j’ai visité mon ancienne école, — aujourd’hui à nouveau lycée français —, et ma maison natale, je n’ai pas été désorienté. Récemment, un de mes jeunes frères, ancien élève d’une école messine lui aussi, m’envoyait la copie d’un rapport annuel sur le lycée de Metz pour l’année scolaire 1913-l9l4. Ce rapport contient beaucoup de choses sur ce lycée allemand de la fin de l’époque de Guillaume: c’est de cela que je voudrais vous parler.

Annexé en 1871, avec l’Alsace, Metz comptait, en 1914, avec ses faubourgs, plus de 100 000 habitants, dont 3 000 immigrés allemands, pour la plupart du personnel militaire, des fonctionnaires et employés, des commerçants et des industriels. Metz était alors l’une des plus importantes garnisons et la plus forte forteresse de l’empire allemand. Il y existait 2 écoles supérieures de filles (sans abitur), un grand séminaire, une école pratique et professionnelle supérieure (Oberrealschule) et enfin un institut jumelé avec le lycée, spécialisé en sciences humanistes et pratiques. Cet ensemble était installé dans les murs baroques d’une vieille abbaye bénédictine et avait hérité du nom de Lycée de Metz. En tant qu’institut jumelé, l’école comprenait deux fois 9 classes, soit 18 classes avec un programme commun de la sexta à la quarta ; ensuite une distinction apparaissait entre un lycée humaniste et un lycée pratique de sciences. Le nombre total des élèves était, pour ces 18 classes, de 421, y compris 15 filles considérées comme auditrices. La fréquentation des diverses classes était modeste : dans le cours inférieur (1er cycle) : 32 élèves ; dans le cours moyen (2ème cycle) : 19 ; et dans le cours supérieur (3ème cycle) : 19 également. Le nombre des candidats à l’abitur (bacheliers) était de 9 dans la branche humaniste, et de 8 (dont une fille) dans la branche pratique, soit un total de 17 pour une population concernée d’au moins 150 000 habitants. Aucun de ces abituriens n’était de langue maternelle française. Cinq d’entre eux provenaient des milieux économiques et les 12 autres, des milieux des services publics (petits et moyens fonctionnaires tels que police, armée, intendance, secrétaires). La fréquentation des classes du Lycée de Metz était donc faible. Mais la dotation en personnel enseignant était excellente. Elle comprenait, outre le Directeur, pour 421 élèves, 29 professeurs certifiés et auxiliaires scientifiques, ainsi que 2 technologues, soit en moyenne, un enseignant pour 14 élèves. Rapport qui, dans le cours supérieur, descendait à 1 pour 10 ! En ce qui concerne le nombre d’heures hebdomadaires obligatoires, il variait, à Metz, de 17 à 22. Les professeurs ne manquaient donc pas et les nominations ne posaient aucun problème, à cette époque. En cas de décès d’un enseignant, celui-ci était remplacé le jour même par un auxiliaire scientifique. Le Directeur n’avait pas besoin de secrétariat ! Durant toute l’année scolaire 1913-1914, il n’a reçu de ses supérieurs que 6 circulaires de service :

  • 2 arrêtés ordonnant le pavoisement et un congé scolaire à compter du 18 octobre 1913 à l’occasion de la Commémoration du centenaire de la bataille de Leipzig, sur l’ordre de Sa Majesté l’Empereur, (c’était le jour où les souverains allemands se rassemblaient à Leipzig pour l’inauguration du monument de la bataille des Nations ;
  • un 3ème arrêté ordonnant l’enseignement de la météorologie (l’ère de la navigation aérienne s’annonce) ;
  • une 4ème note de service concerne le nombre de travaux écrits ;
  • une 5ème autorise le Directeur à donner congé aux élèves israélites le Samedi de Pentecôte, sur demande des parents (Le lycée comptait 32 élèves juifs, soit 8% du total) ;
  • le 6ème et dernier arrêté concerne un voyage d’élèves au bord de la mer, pendant les grandes vacances.

Les autorités scolaires se manifestaient assez peu. Cependant, durant 4 jours entiers, le conseiller secret du gouvernement et conseiller-maître à la direction de l’enseignement, un certain Dr. Scherer, honorait l’institut de sa visite et assistait à des cours dans toutes les classes. Dans l’Allemagne impériale, les fonctionnaires de l’inspection scolaire jouissaient d’une réputation légendaire. En général, ils étaient de valeur et le plus souvent de caractère humain. Cette tradition s’est maintenue jusqu’à la fin de la République de Weimar, époque à laquelle les fonctionnaires furent remplacés par de vieux militants du nazisme, de qualité médiocre. Ce qui n’existait pas en 1914, c’était les délégués des élèves et de leurs parents. On demandait simplement à ces derniers de prêter leur concours au maintien de l’ordre à l’école. On leur demandait aussi de payer, annuellement, par élève, et en 3 termes, une somme de 140 Marks Or [1 130 €] jusqu’en 1914, somme portée à 150 Marks Or [1 212 €] après 14. Cette somme était versée, soit de main à main au Directeur, soit à la caisse du percepteur impérial. Après un retard de 15 jours dans le paiement trimestriel, il était procédé à l’encaissement par voie d’huissier. Environ 10% des élèves étaient boursiers.

Qu’enseignait-on à Metz ? La matière principale était le latin, même au lycée pratique : en sexta, 7 heures hebdomadaires ; de la quinta jusqu’à l’abitur, 8 heures par semaine au lycée humaniste. Cet horaire était quelquefois réduit dans le lycée pratique, en faveur des langues anglaise et française dans les classes supérieures. Autres répartitions des langues au lycée humaniste : le français, à partir de la quinta ; à partir de la Unterklasse III, 6 heures de grec par semaine jusqu’à l’abitur ; l’anglais et l’hébreu étaient facultatifs dans les cours supérieurs. Dans les deux branches du lycée, 4 heures hebdomadaires de mathématiques dans toutes les classes. L’allemand était moins enseigné qu’actuellement : en général, 3 heures par semaine, voir 2 heures peur les cours moyens du lycée humaniste. Les élèves apprenaient la construction de la phrase allemande en partant des leçons de latin, procédé discutable dont les répercussions sur le style des traites scientifiques n’ont pas encore, me semble-t-il, disparu entièrement. Les sciences naturelles étaient totalement délaissées. Les humanistes n’avaient en Oberklasse III, que 2 heures de chimie organique très élémentaire. Ceci se retrouve encore maintenant dans le cours moyen de toutes les écoles actuelles : la chimie est restée le parent pauvre de l’enseignement. La physique, elle aussi, était peu enseignée, ainsi que la topographie et la géographie. En ce qui concerne l’instruction civique, là aussi peu de chose, étant donné le caractère conservateur de l’Ecole. Les travaux écrits étaient autrement nombreux que maintenant. Exemple, en sexta, 35 devoirs en latin et en allemand, 20 en mathématiques. En Oberklasse I humaniste, 8 compositions d’allemand, 23 de latin, 9 de grec, 6 de français et 14 de mathématiques (contre 29 en Unterklasse I). A présent, le nombre de travaux écrits exigé est minime : les désavantages de ce système sautent aux yeux et pourtant le nombre de ces travaux continue à baisser. En Oberklasse I, la grammaire et le style tenaient une place de choix en latin. Même en classe d’abitur, on traduisait encore l’allemand en latin. En définitive, les lycéens allemands n’apprenaient pas à parler couramment une langue étrangère. La philosophie tenait peu de place à côté de la lecture des langues mortes, de l’histoire, de la rhétorique et de la poésie : un peu de Cicéron, un peu de Platon. En langues modernes, les choix étaient assez pauvres, presque uniquement du classique. C’est ainsi qu’on étudiait, par exemple, en français, Anatole France pendant 8 ans ! En anglais, les élèves des sciences pratiques n’avaient à faire qu’à J. Kl. Jérôme. Même en lecture allemande, la prima se contentait d’oeuvres classiques, à part les inévitables Wallenstein, Faust, Iphigénie, Tasso, et un peu de Hebbel. C’était tout ! Comme si en Allemagne, en France, en Angleterre et depuis le milieu du XIXe siècle, aucune littérature n’avait existé : pas de Victor Hugo, de Balzac, de Flaubert, de Zola, cela à 10 km de la frontière française ; pas de Kipling, d’O. Wilde, de Wells, de Shaw ; point d’Ibsen, de Tolstoï, de Dostoïevski, de Fontane, de Hauptmann, de Rilke. On ignorait les philosophes, même Nietzsche : bien qu’adolescents, c’est à la maison qu’on dévorait Zarathoustra.

Le lycée allemand de Metz en 1914 était donc relativement petit en ce qui concerne le nombre des élèves. Les classes étaient peu garnies: les abituriens étaient peu nombreux par comparaison au nombre d’habitants de la ville et de sa banlieue.

Les cours y étaient toujours assurés : le lycée était bien doté en personnels enseignants, lesquels étaient bien moins chargés que leurs successeurs actuels. Le lycée était dirigé avec fermeté et son fonctionnement était contrôlé par une instance supérieure. Il était fréquenté par des enfants issus des couches élevées, à la rigueur moyennes, mais en étaient absents les enfants des milieux inférieurs, y compris ceux des travailleurs et des artisans. Dans le cadre des études de l’époque, les lycéens y acquéraient des connaissances solides, soigneusement dosées et réparties sur 9 années. Les matières enseignées étaient à peu près les mêmes dans tout l’empire allemand, de la Moselle à Memel, des Alpes à Belt. Cette instruction paraissait à ce point excellente que d’anciens élèves, surtout des humanistes, en font encore maintenant l’éloge à l’occasion de joyeuses rencontres. Mais elle ne fournissait aux élèves presque aucune réelle possibilité en vue d’activités créatrices. Ce qui manquait, c’était un quelconque rapport avec la réalité de l’époque : pas d’instruction politique, pas de droit, l’instruction civique uniquement pendant la République de Weimar, seule l’histoire de la dynastie allemande et celle de la guerre ; par contre, étude des constitutions grecque et romaine ; rien sur Marx et le mouvement ouvrier ; rien sur les corporations. Bref, le lycéen était formé en vue de sa future utilisation pour l’ordre public instauré, avec une pointe de monarchisme. En prima, à Metz, les élèves rédigeaient des devoirs dont les thèmes étaient, par exemple, Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur ou La guerre est aussi terrible que les plaies du ciel, mais elle est bonne et est un sort comme elles ou plus simplement La guerre aussi a son charme. Une grande partie des élèves qui rédigeaient ce genre de devoirs, ainsi que beaucoup de leurs jeunes professeurs sont, peu de temps après, et comme on disait alors, tombés au champ d’honneur …

Le retour dans le giron de la France (1918 – mai 1940)

À partir de 1918, le Lycée repart pour un nouvel essor, et en 1935, on fait construire un nouvel internat, muni de tout le modernisme et de tout le confort possibles : le rez-de-chaussée d’une aile étant réservé aux salles de gymnastique et de douche, ainsi qu’à l’infirmerie.

Témoignages (zip – 16 Ko) :

  1. le proviseur de l’époque, Émile Chamoux

  2. extraits de Metz d’un petit garçon, par Jean Grosdidier de Matons (ISBN : 9782876920361)

Entre 1918 et 1939, le lycée vécut donc des jours paisibles et des jours de gloire, comme celui de l’inauguration du nouvel internat, que l’on pourrait plus ou moins comparer au lycée de la Communication aujourd’hui, par ses innovations technologiques. L’année suivante, c’est-à-dire en 1937, on rasa l’ancienne chapelle du lycée qui était contiguë à l’hôpital Saint Georges et à la Réale, le long de la rue Goussaud.

Mais en 1939, le ciel politique s’assombrit à nouveau avec la déclaration de guerre, et le lycée ne rouvrit que le 10 novembre. C’était l’époque où les élèves devaient apporter en cours leurs boîtes de conserve, c’est-à-dire leurs masques à gaz. Naturellement, l’effectif était réduit et le proviseur, mobilisé, fut remplacé par le doyen des professeurs, les cours n’étaient plus forcément assurés par les professeurs en titre, et les élèves devaient s’exercer à se replier dans les caves du lycée, pour parer à une éventuelle alerte aérienne.

        Le Bahut de 1938 à 1945, par Raoul Gama

Nous étudions toujours paisiblement en oubliant souvent notre masque à gaz ou en le remplaçant par le casse-croûte de dix heures. Cette période se termine brusquement le 10 mai 1940 à 5 heures du matin, et dès le samedi à midi, le 11 mai, nous sommes renvoyés à la maison sine die. C’est le début de grandes vacances jusqu’au 1er octobre 1940. Une partie de la population quitte Metz après le bombardement nocturne et au canon du 21 mai 1940.

Le lycée dans la tourmente (1940-1945)

L’armistice est signé le 22 juin à Rethondes, et le 24 juin, les élèves sont invités de manière pressante à se rendre au lycée le lendemain, jour d’entrée en vigueur de l’armistice.

La période provisoire : juin-octobre 1940

Il s’agit d’une période assez obscure, durant laquelle certains professeurs se mettent à la disposition de l’ennemi. On oblige les élèves à apprendre l’hymne, Deutschland über alles (L’Allemagne doit dominer le monde), et le dernier jour de l’année scolaire, le 10 juillet, à la place de la traditionnelle remise des prix, un haut fonctionnaire du Reich fait l’éloge des Allemands, de la valeureuse Wehrmacht et de son Führer, en allemand, puis traduit en français. Le tout est clôturé par des hymnes allemands, et le lycée ferme ses portes jusqu’en octobre.

Période d’Umschulung (recyclage) : octobre 1940-avril 1941

Durant cette période, tous les cours sont dispensés en allemand, et les élèves doivent s’entraîner à écrire la Fraktur, et font 20 heures d’allemand par semaine. Les professeurs, bilingues, ont pour consigne übersetzen ist streng verboten (Il est strictement interdit de traduire). Chaque heure de classe doit débuter par le salut hitlérien, appelé Deutscher Grüss, ce salut est adressé par le maître, et les élèves doivent répondre par le bras tendu. Les professeurs et les élèves adhèrent à ce cérémonial avec plus ou moins de réserve. Un portrait du Führer est obligatoire dans chaque salle de classe, et également dans la salle des fêtes. Un mât avec un drapeau hitlérien se trouve au milieu de la cour. Les élèves doivent s’y rassembler pour assister aux commémorations nationales et aux fêtes nazies. L’éducation physique se transforme en préparation militaire, un peu comme sous l’Empire, et les élèves peuvent être frappés, jusqu’en seconde. C’est à cette époque que l’Administration décide de tout changer en ce qui concerne l’enseignement : le choix est laissé aux élèves entre les études classiques avec latin et grec obligatoires au Gymnasium, et les études modernes et scientifiques à l’Oberschule. Un Allemand est nommé à la tête de chacun des établissements.

La mise au pas : 3ème trimestre de l’année scolaire 1940-1941

Tous les professeurs lorrains sont réformés à la rentrée de Pâques et remplacés par des Allemands. Des anciens élèves notent que leurs rapports avec les professeurs allemands étaient plus clairs qu’avec certains professeurs lorrains habiles dans l’art de danser entre deux chaises. Les classes changent de nom et l’Abitur remplace le baccalauréat pour les élèves les plus doués, à partir de juillet 1941. Certains élèves ont, en 1941, organisé une manifestation anti-allemande. Comme des traîtres, ils ont servi d’exemple, menottes aux poings, dans la salle des fêtes, après avoir été battus par la Gestapo. Ce dernier trimestre de l’année se clôt par l’abandon de la Fraktur, ce qui réjouit beaucoup bon nombre d’élèves. Il faut encore préciser que, durant cette période, les cours commençaient à 7h45 et se terminaient à 13h.

Les années 1942-1943

Les années 1942 et 1943 voient le retour au pays d’un certain nombre de Lorrains réformés. Les élèves commencent à savoir parler et écrire l’Allemand couramment. Les élèves sont embrigadés dans les Hitlerjugend (Jeunesses hitlériennes), mais beaucoup essayent de s’y soustraire en faisant croire, dans leur lycée qu’ils étaient déjà incorporés par le recrutement de quartier, et vice versa. Les classes sont décimés par le recrutement forcé d’auxiliaires, des pompiers, choisis parmi les élèves du secondaire.

En 1943, arrivent en Lorraine des ausgebombten Deutschen (réfugiés). Le contact est très limité entre les Reichsdeutschen (Allemands natifs) et les Lorrains, car ces premiers ne comprennent pas un mot de Français, qui est, du reste formellement prohibé au sein de l’établissement. À ce sujet, Raoul Gama raconte une histoire assez cocasse : Ils entendaient souvent le mot chleuh. À leur demande, nous traduisions par : tribu paillarde de l’Afrique du Nord.

La fin du Gymnasium et de la germanisation : janvier-juillet 1944.

Les classes sont réduites à moins de 20 élèves. Les alertes aériennes se multiplient, et Metz est bombardée tout le mois de mai, ainsi que la nuit du 28 juin. Les cours se poursuivent dans les caves voûtées du lycée, où tout est prévu à cet effet. Les élèves les plus âgés disparaissent peu à peu, soit incorporés de force dans la Wehrmacht, soit rejoignant la France. Le Gymnasium ferme ses portes le 10 juillet.

Le lycée de 1945 à 1962

La libération de Metz intervient le 20 novembre 1944, mais la Préfecture et le lycée résistent. Ils ne seront libérés que deux jours plus tard, en fin de matinée, et au prix d’énormes dégâts. Le proviseur intérimaire embauche les élèves pour le nettoyage du lycée, et notamment de la grande bibliothèque qui a pris l’eau à cause d’une brèche de son toit. Bon nombre de livres anciens sont irrécupérables.

Étudier dans des ruines non chauffées, et avec du matériel scolaire germanique tenait presque du miracle. Cependant, la majorité des élèves est reçue à la session spéciale du baccalauréat, en janvier 1945. D’autre part, les élèves du lycée étaient âgés de 17 à 24 ans et, du fait de la guerre et après ce qu’ils avaient vécu, ils n’étaient plus prêts à supporter la discipline tatillonne du lycée d’avant guerre, car les événements les avaient rendus adultes avant l’âge. Le 8 mai 1945 à 9 heures, tous les élèves furent réunis dans la cour, sous le drapeau tricolore, pour célébrer la victoire. À cette occasion, le proviseur amnistia également tous les punis et les exclus du lycée. Malgré le conseil de ne passer le bac qu’en septembre, tous les élèves tentèrent leur chance en juin et un grand nombre d’entre eux fut reçu. Mais les bâtiments étaient très abîmés par la bataille de Metz. Si l’abbaye et l’internat avaient peu souffert, la Réale, et surtout l’ancien hôpital Saint Georges, le long de la Moselle, étaient tellement touchés qu’il était impossible de les réparer. Les architectes de l’internat, Millochau et Parisot furent chargés de concevoir un nouveau bâtiment qui devrait s’élever, en retour d’équerre, le long de la rue Goussaud et de la Moselle. Le projet traîna en longueur, alors que les élèves étudiaient tant bien que mal dans la Réale et dans les trépidations d’un escalier branlant, dont évoquer le souvenir est susceptible, aujourd’hui encore, de provoquer un infarctus chez les responsables de l’époque.

La première tranche des travaux commença le long de la Moselle en 1953, et fut terminée pour la rentrée, le 1er octobre 1956. La Réale fut évacuée, démolie, et le nouveau bâtiment prolongé le long de la rue Goussaud. Ces bâtiments comportaient des salles de sciences, des salles banalisées, et des salles d’histoire-géographie, ainsi qu’un nouveau gymnase, partiellement enterré. Ce nouvel ensemble fut baptisé Palais des sciences. À la même époque, on décida d’annexer l’orphelinat Sainte Constance, mais cette annexion n’ayant pas pu se réaliser à l’amiable, il fallut entamer une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique. On logea les taupins et les épiciers dans ces nouveaux bâtiments, la chapelle Sainte Constance fut réaménagée et devint chapelle du lycée. De plus, on pouvait désormais relier l’internat au reste du lycée. On aménagea par ailleurs un foyer aux préparationnaires dans l’ancien hôtel Passe-temps, enclavé dans la cour de Sainte Constance, et dont l’oratoire surplombant la Moselle, restauré par les Beaux Arts, est un véritable bijou d’architecture ogivale.

Par ailleurs, à partir de 1948, le lycée se sépara progressivement de ses classes primaires qui intégrèrent l’école d’application de l’autre côté de la rue. À partir de 1949, l’internat, d’une capacité normale de 180 lits s’avéra insuffisant. On implanta des dortoirs dans des salles de l’abbaye situées au-dessus de la cuisine, et on loua même l’immeuble carrefour, situé au 42 rue St Marcel.